lundi 2 février 2009

15 façons de dire non aux twitter snobs

Le twitter snob multiplie les followers mais n'écoute que lui-même et une petite cour de happy few. Comment profiter de Twitter, en échappant à ces twitter snobs et en évitant d'en devenir un soi-même ?


Ce billet a été rédigé à quatre mains par Lilian Mahoukou et Emmanuel Gadenne. Si après avoir lu ce billet, vous avez encore envie d'engager la conversation avec nous, ne craignez rien ... on vous répondra ;) on n'est pas des twitter snobs.

Qu'est-ce qu'un Twitter snob ?

On a dit et répété que Twitter serait le phénomène social de 2009, avec sans doute un succès comparable à celui de Facebook en 2008 ou de MySpace en 2007.

Rappelons que sur Twitter, vous suivez les propos de vos followings et que vos followers eux suivent vos babillages, que l'on appelle aussi tweets ou updates.

Oui, mais Twitter n'est qu'un outil de plus, alors ce qui compte avant tout c'est de savoir comment bien l'utiliser.

L'usage très commun de l'e-mail nous a fait connaître une nouvelle catégorie de sinistres individus : les spammers.

De la même, façon, le recours de plus en plus fréquent à Twitter nous confronte à un nouveau type de triste sire : le twitter snob !

Comment définir le twitter snob ? C'est simple, il a énormément de followers et très peu de followings. A l'image du spammer, il pratique donc la communication unidirectionnelle à direction des foules.

Que doit-on entendre par énormément ? A l'échelle d'un twitter user anglophone le nombre de followers peut atteindre des milliers voire des dizaines de milliers.

Si l'anglais est la langue de 37% des internautes, seuls 4% d'entre eux ont retenu le français.
Donc, on pourra dire qu'un utilisateur de Twitter qui tweete majoritairement en français a énormément de followers dès que ce nombre atteint plus d'un millier.

Exemples à suivre ?

Plutôt que de pointer du doigt quelques twitter snobs, regardons plutôt un bon exemple, en restant dans le Web francophone, avec @bdescary (Benoît Descary) :


On voit très vite que l'on n'a pas affaire à un twitter snob, bien au contraire :

- un nombre de followings comparable au nombre de followers,
- un nombre d'updates important,
- des échanges ouverts avec de nombreuses personnes,
- une proportion équilibrée entre des billets renvoyant vers descary.com et des conversations.

Deux autres exemples avec @eogez et @jeanlucr :

Mêmes caractéristiques que notre premier exemple avec des conversations ouvertes et un nombre d'updates important. La forte proximité et l'humanisation de la relation virtuelle sont deux éléments qui ressortent.

Emilie n'hésite pas à retweeter des informations qui lui semblent très intéressantes ou qui serviraient peut-être à ses followers. Jean-Luc a également une fréquence élevée d'envois de tweets. Il est plus axé partage de veille dans des domaines bien ciblés et n'hésite pas à vous suivre en retour.


Chose claire, quel que soit le niveau d'influence ou de popularité, il n'y a pas de star ! Ce genre d'attitude tournée vers le collectif et l'humain sont deux aspects qui qualifient bien les power users sur Twitter. Avoir conscience que l'on fait partie d'une communauté à part entière.

Alors que faire de vos twitter snobs ?

1. Commencez par repérer les twitter snobs dans vos followings et faîtes le tri

Utilisez directement Twitter.com si vous avez peu de followings. Ayez recours à Your Twitter Karma ou FriendOrFollow dès que le nombre de vos followings excèdent 200.

En deux temps trois mouvements, repérez les followings qui ne vous suivent pas (appelons-les vos followed) et faîtes le tri.

Certes, il est tout à fait possible de suivre quelqu'un sans savoir a priori si sa prose vous plaira. Mais alors ensuite un minimum de filtre s'impose. Cela fait-il longtemps qu'ils ne tweetent plus ? Commencez avec MyCleenr par vous séparez de ceux qui ne tweetent plus depuis des lustres ou même qui n'ont jamais tweeté.

Vérifiez que vous comprenez la langue des tweets et que pour chaque personne, une certaine proportion des tweets vous convient.

Puis testez leur capacité à converser en les interpellant :

"@pseudo Que penses-tu de ce site web http://www.... ?"

Songez que dans certains cas, certains d'entre eux ne saurons même pas dans quelle langue vous les avez interpellé ! Persistent-ils à ignorer vos ouvertures à la conversation ? En l'absence de réponse, vous pourrez sans problème arrêter de les suivre... pour rien.

2. Procédez à un contrôle régulier. Ne vous laissez pas déborder par les tweets de personnes qui vous snobent et qui, dans tous les cas, ne vous répondront jamais. Donnez-vous un rythme, tous les lundi soir par exemple.

Comment ne pas devenir soi-même un vilain twitter snob ?

3. Gardez le nombre de vos followings et de vos followers dans le même ordre de grandeur. Ne lancez pas plusieurs centaines d'invitations (follow him ou follow her) juste pour voir qui va vous suivre.

4. Ne supprimez pas non plus d'un seul coup plusieurs centaines de vos followings juste pour faire snob.

5. Prenez le temps de transformer vos fans en friends. A l'aide de Your Twitter Karma ou FriendOrFollow repérez toutes les personnes qui vous suivent et que vous ne suivez pas. Pour chacune d'entre elles, analysez rapidement leur profil Twitter pour décider si cela peut valoir le coup de les suivre. En général, la lecture de la one line bio et de quelques tweets suffit mais en cas de doute, regardez aussi le site que le personne propose en lien dans son profil : parfois le site est moins élogieux que la one line biographie :-)

L'un de ses tweets vous a plu ? Vous pouvez alors facilement le suivre, puis amorcer le dialogue par un reply ou un retweet.

6. Ne pratiquez pas le Follow/Un-Follow. Si vous envoyez une invitation et décidez de suivre une personne, ne vous mettez pas à ne plus suivre cette même personne dans les minutes ou les prochaines heures. Les partisans de cette pratique partent du principe que les membres Twitter n'ont pas le temps de contrôler qui ne les suit plus. D'ailleurs, pour identifier les champions du Follow/Un-Follow, utilisez Qwitter.

Bien évidemment, il peut y avoir des exceptions liées au contenu des tweets ou à l'attitude de la personne que vous venez de suivre pour vous inciter à faire exceptionnellement un Follow/Un-Follow.

7. Etre humble et reconnaissant. Quelque soit le niveau d'influence ou de popularité d'un membre, vous faites partie de la même communauté. Remerciez publiquement ou en privé avec un message direct si on vient de vous épauler. Proposez votre soutien en retweetant les informations qui vous semblent pertinentes. Connectez vos followers entre eux par des recommandations régulières. Si un tweet vous a bien servi ou même bien fait rire, dîtes qu'il servira aussi ou amusera aussi certains de vos followers, et qu'un bon moyen de remercier est souvent de faire un rapide retweet.

8. Vous êtes célèbre ? Restez accessible ! Si d'aventure, vous êtes célèbre et que beaucoup de personnes vous suivent spontanément, pourquoi ne pas jouer quand même le jeu du Web 2.0 en acceptant vous aussi de suivre ceux qui vous écoutent dans le cadre d'une communication enfin bidirectionnelle ? C'est en tout cas le choix qu'ont fait certains comme @Scobleizer, @loic, @guykawasaki, @BarackObama avec le succès que l'on sait !

Sûr que ça doit défiler quand on suit plus de mille personnes dans le grand tourbillon du Web 2.0 ! Heureusement, il est possible de ne regarder que les messages du type @pseudo. Pour cela, il est conseillé de s'abonner au flux des réponses et des retweets via Twitter Search.

Dans Twitter Search, enregistrer pour votre pseudo les requêtes suivantes (avec les guillemets) en cliquant sur Feed for this query sur la sidebar à droite. Pour les retweets, n'oubliez pas de maintenir un espace entre l'indicatif du retweet (RT, retweet, retweeting) et @

Et que faire si je veux limiter le nombre de mes followings ?

Si, pour limiter l'infobésité, vous souhaitez conserver un nombre limité de followings, deux options s'offrent encore à vous :

9. N'allez pas à la pêche aux followers. Ainsi votre compte Twitter aura plus de chances de rester équilibré et facile à suivre.

10. Utilisez un deuxième compte Twitter dans lequel vous n'inscrivez comme followings que vos best friends, les quelques personnes avec lesquelles vous conversez fréquemment en replies, en direct messages ou en retweet.

Le choix entre l'une ou l'autre de ces options étant bien sûr guidé par le nombre total de followers que vous visez.

11. Déclarez votre incapacité à suivre un certain nombre de personnes (sur son blog, via un tweet ...). Il est tout à fait légitime d'affirmer que l'on ne peut suivre que 200 personnes et de mettre des priorités.

Pourquoi est-il quand même utile d'avoir un nombre suffisant de followers ?

Pour certains membres ou pour certains comptes (dans le cas des utilisateurs à plusieurs comptes), le choix d'évoluer avec un cercle très restreint est un choix à part entière. Pour une personne désirant faire passer des messages, faire la promotion de ses billets et soutenir une cause importante, avoir un nombre de followers suffisamment élevé importe.

12. Tous vos followers ne jouent pas le même rôle. Ils n'ont ni la même disponibilité ni le même niveau d'enthousiasme. On reprend souvent la loi des 80/20 de Pareto pour aborder ces problématiques. Sans pour autant affirmer que les proportions sont égales, le rapport est tout de même à retenir.

Si vous êtes dans une optique de promotion de contenu et si certains de vos followers choisissent de retweeter vos informations, vous avez tout à gagner en ayant un réseau de contacts assez large. Cela vous permettra d'atteindre le cercle des contacts non-mutuels et de disséminer vos idées "hors-clique" (comme il a été souligné dans l'un des derniers billets d'Emilie Cf.Commentaires).

Peut-on suivre en retour tout ceux qui nous suivent ?

Il existe des exceptions dans cette thématique des twitter snobs. Tous les profils ne sont pas à suivre en retour :

- absence de photo
- biographie inexistante ou trop divergente par rapport à vos objectifs ou centres d'intérêt
- faible nombre d'updates et date très éloigné du dernier tweet
- contenu des tweets en profond décalage avec vos objectifs, vos centres d'intérêt
- part trop importante de babillages
- incompréhension de la langue employée dans les tweets

Ces points font qu'il réside souvent un léger écart entre following et followers.

En synthèse

La quantité et surtout la qualité des tweets de l'utilisateur nous éclaire rapidement sur sa propension au snobisme :

- répond-il aux messages (@...) ou mieux répond-il à vos messages directs (DM) ?
- communique-t-il avec un petit cercle fermé de privilégiés ?
- les autres prennent-ils la peine de le retweeter ?
- prend-il la peine de remercier lors d'une réponse à ses questions ou pour un retweet ?

N'oubliez pas cependant, qu'il est également tout à fait intéressant de suivre des personnes influentes ou célèbres, politiciens, entrepreneurs, blogueurs, veilleurs, etc... Dans un certain nombre de cas, ces personnes ne vous suivront pas, mais cela ne retire rien à l'intérêt de les suivre !

13. Faîtes donc la différence entre les personnes célèbres, influentes ou utiles que vous appréciez de suivre et les autres, les twitter snobs que vous suivez pour rien !

Vous avez envie de communiquer sur le Web et vous voulez avoir beaucoup de followers, pourquoi pas ! Alors faites-le bien, en restant dans l'esprit Web 2.0.

14. Soyez ouvert, écoutez ceux qui vous écoutent. Que ce soit sur Twitter ou sur d'autres plateformes, la réciprocité et la disponibilité ont des places centrales. Les réseaux sociaux, de manière générale, laissent de la place à l'ego. Malgré le rapport virtuel existant, tout doit rester humain et tourné vers l'écoute de l'autre.

15. Engagez la conversation. Via un contenu original ou une intervention pertinente. Proposez votre point de vue et échangez vos idées en direct avec vos followers. Cela peut être un lien vers votre billet, celui d'un autre blogueur ou même un événement d'actualité.

Pour finir, voici deux excellentes vidéos de Jayson T Cote et Perry Belcher (Social Media Not Solo Media) sur les twitter snobs :

Jayson T Cote
 
  
Perry Belcher
 

A vous la parole à présent !

Que pensez vous de ces twitter snobs ? Méritent-ils autant d'attention ?

Nous vous proposons de participer à une chaîne en proposant votre point de vue à travers un billet. Aussi, la conversation se poursuit sur Twitter, n'oubliez pas de mentionner le hashtag #twittersnobFR dans vos tweets.

8 commentaires:

Yann Leroux a dit…

Euh ça c'est du billet ! On voit bien que la complexité devient si grande qu'il nous faut de plus en plus d'outils - et de temps - pour gérer nos egonetworks

Ca me fait furieusement penser au grooming de nos cousins les singes, avec le coté social en moins, hélas, puisque chacun nettoie son propre réseau

Je ne suis pas sûr que la réciprocité soit la clé principale de Twitter. Personnellement, suivre sans être suivi ne me dérange pas.


C'est un beau billet. Il lui manque une traduction anglaise, non ?

Lilian Mahoukou a dit…

Merci pour ton retour Yann ... on réfléchit à la question de la traduction avec Emmanuel ;)

enkerli a dit…

Utile, comme description de certains phénomènes qui caractérisent quelques utilisateurs de Twitter. Quelques bons conseils parmi tout ça.
D'un autre côté, faut aussi se dire qu'il y a autant d'utilisations possibles de Twitter qu'il y a d'utilisateurs de Twitter. On n'a pas tous les mêmes buts. Certains essaient de se mousser, d'autres observent, plusieurs partagent et tous expérimentent.

Lilian Mahoukou a dit…

@enkarli : Ravi d'avoir ton opinion là-dessus ! Ce billet propose une "possibilité" parmi d'autres d'aborder ce thème.

Un billet de synthèse reprenant les différentes réactions sera probablement écrit ... Merci !

Scheiro a dit…

Merci Lilian, tu indiques des outils qui vont certainement me faciliter la vie, même si, avec une 60aine de followers et environ 80 following, la gestion de Twitter n'est pas pas trop compliquée pour moi. A l'instar de Yann, suivre sans être suivi ne me dérange pas.
Bon papier!

Anonyme a dit…

Je suis un peu moins convaincu que les commentaires précédents. Si je pense que l'initiative d'analyser la faune de twitter est louable, je trouve l'article un peu imprécis, pour ne pas dire simpliste.

Peut être vouliez vous "vulgariser" et vous adresser à un public moyennement averti, dans ce cas ça peut se comprendre. Dans le cas inverse je trouve ça dommage.

Voici mes quelques remarques. Selon moi, l'argument de l'équilibre entre nombre de followers et followings ne tient pas. Vous abordez trop peu l'atmosphère de promotion permanente qui règne sur le web et qui en sculpte les usages.

Lorsque quelqu'un vous ajoute sur twitter, il espère souvent que vous allez le suivre en retour et s'il espère cela c'est car il est en train d'essayer de se constituer une audience. Et pourquoi vouloir se constituer une audience importante si ce n'est pour promouvoir ? Se promouvoir soi-même, afin d'acquérir notoriété et reconnaissance, leitmotiv de nombre de blogueurs, devenus utilisateurs de twitter depuis quelques années. Promouvoir un produit, promouvoir l'entreprise qui vous emploie, promouvoir le site d'un ami...

Sans voir le mal partout, ne pas prendre en compte cette mécanique "intéressée" fausse toute la logique qui suit.

Bien plus qu'une grande audience, il est sain de se constituer une audience de qualité. Si quelqu'un me suit, c'est son droit, en revanche la décision de le suivre à mon tour m'appartient, et le fait de suivre cette personne ne doit pas être perçue comme une récompense ou une politesse. Je vais le suivre car ce qu'il écrit "m'intéresse" potentiellement.

Il existe des façons de suivre automatiquement toute personne nous suivant, vous ne parlez pas de cette pratique pourtant répandue et qui explique selon moi la dérive à laquelle on peut assister chez un certain type d'utilisateurs de twitter.

Doit-on considérer qu'une personne n'est pas un twitter-snob en se basant uniquement sur le fait qu'il nous a suivi en retour ? Et s'il l'a fait automatiquement, que faut-il en déduire ? Quant au fait de répondre directement à tel ou tel interlocuteur via les @, il ne faut pas non plus en sacraliser l'acte. Certains le vivent comme un véritable adoubement (OMG Loic Le Meur m'a répondu !). Et si la personne ne vous répond pas, ou pas de façon systématique, il serait un peu cavalier de vouloir en déduire trop rapidement que c'est un snob.

Bref, je pense que la question est plus complexe qu'il n'y paraît, mais je sais aussi que la mode sur internet est aux billets à liste (15 façons de, 30 excellents sites pour, 5 signes qui...) et je pense que les questions complexes peinent à trouver réponse une fois ainsi formatées.

De la complexité d'évoluer au sein des tendances en sachant parfois ne pas les suivre, et de la difficulté de distinguer la discussion sincère de la causette de salon intéressée.

fbrahimi a dit…

Vous ne pensez pas qu'au bout d'un moment il est utopique de pouvoir suivre des milliers de pers de manière convenable cad d'entretenir une relation conversationnelle.
Pour la petite histoire j'ai repéré un twittos snob dans ma liste et je pour le faire réagir au lieu de l'ignorer ou de l'unfollow je l'ai gratifié de twollars pour le remercier de m'ignorer. Depusi jours il n'a pas accepté les twollars. Faut dire que ce type de recommandation n'est pas très agréable ;-)
Donc une proposition est de le recommander pour son ignorance.

phelly a dit…

Merci pour cette présentation et cet article, mais je ne suis pas vraiment convaincue... pour moi le twitter snob c'est plutôt celui qui suivrait une personne qui ne l'intéresse pas juste parce que celle-ci la suit... et non pas parce que le contenu de ses tweets lui apporte quelque chose.

Cette volonté de garder le contact, de faire ami-ami, qui l'emporte sur le fond (s'échanger des informations, des liens sur des thèmes qui nous intéressent), ce n'est pas le Twitter dont je rêve...

Mais bon, à chacun son usage de l'outil!